Le Glissement Hors de Soi

Publié le 11 mai 2026 à 09:17

Il existe un mouvement intérieur très discret et très profond qui nourrit une blessure tout aussi profonde.

Un glissement.

 

C’est un mécanisme de protection activé par une peur très puissante qui nous pousse à nous éjecter de nous-mêmes.

Cette peur nous murmure qu’il est dangereux d’être en soi.

Qu’il est dangereux d’être soi.

 

Alors, inconsciemment, nous nous quittons.

 

Nous nous abandonnons intérieurement et nous désertons notre propre existence.

Peu à peu, nous perdons notre identité, notre ancrage et le sens de notre propre vie.

 

Nous basculons alors en mode survie, où la peur et le faire règnent. 

Un besoin vital apparaît :

retrouver urgemment une raison d’exister,

quelque chose à quoi se raccrocher.

 

Dans un premier temps, nous cherchons un refuge. Une enveloppe qui puisse nous contenir.

Nous trouvons cela dans l’autre.

L’autre devient alors le centre de notre monde.

 

Puis nous cherchons une vie à vivre.

Une utilité, une place.

Alors nous prenons beaucoup de place dans la vie de l’autre — pour son bien, bien sûr… et pour notre propre survie.

 

Nous nous inquiétons pour lui.

Nous portons sa souffrance.

Nous cherchons à l’aider, à le soutenir, à le réparer… qu’il l’ait demandé ou non.

 

Sans nous en rendre compte, des comportements intrusifs et contrôlants s’installent et nous nous ouvrons à la dépendance. 

 

Nous cherchons à nous nourrir de nos interactions avec l’autre et avec notre environnement dans l’espoir de remplir notre monde intérieur.

 

Cependant, ce mécanisme de protection a une contrepartie.

En glissant chez l’autre, nous laissons aussi la porte ouverte à l’autre pour glisser chez nous.

L’intrusion devient alors réciproque.

 

Ce mécanisme inconscient prend racine dans des histoires anciennes :

des traumatismes personnels,

des mémoires d’envahissement,

de fuite de territoire,

d’esclavage,

d’asservissement…

 

Au fil des générations, ces mémoires s’amalgament et constituent un système de survie qui se manifeste ensuite à travers nos peurs, croyances, injonctions, interdictions et conditionnements inconscients.

 

Les peurs de danger de mort du passé finissent alors par gouverner notre vie présente.

 

Et à ce prix-là, nous perdons notre droit naturel d’exister pour qui nous sommes et de vivre notre propre vie.

 

Il est possible d’accueillir cela.

D’en comprendre les racines.

Et d’engager un véritable chemin de retour à soi.

 

En séance, nous mettons la lumière sur ces mécanismes invisibles, et ouvrons le chemin du retour à votre propre espace intérieur.

 

Revenir à soi ne signifie pas abandonner l’autre.

Cela signifie habiter pleinement sa propre vie.

 

Et depuis cet état d’être, vivre une relation à l’autre et au monde plus saine, libre, juste et épanouissante.

 

Etre présent au monde et incarné. 

 

Marie Drescher

~ L’épure de l’être ~

Kinésiologie & Présence consciente

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